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Le petit journal : c’est fini!

Après trois ans de bons et loyaux services à arpenter la région de Nogaro pour vous fournir l’information locale au plus près des préoccupations et besoins des habitants, ma direction a décidé de ne plus payer ses correspondants. Il ne s’agit pas là d’une décision dictée par une quelconque rationalité économique, mais bien de la volonté affichée de ne même plus rembourser les frais de déplacement des soutiers de l’information afin d’améliorer la rentabilité du titre. Autrement dit, non seulement l’information qui vous est délivrée ne vaut plus depuis longtemps les soirées et les week-end passés sur le terrain, à recueillir les données, ou les autres heures consacrées à la rédaction des articles, à leur correction et au nécessaire travail de retouche des photos qui les accompagnent, mais en plus, nous devrions assumer les frais inhérents à cette activité, à savoir nos déplacements.

Dans ces conditions, je ne souhaite plus poursuivre mon travail de correspondante de presse.
Je le regrette pour les nombreuses associations du territoire dont les correspondants sont les incontournables relais. Je le regrette pour toutes ces rencontres passionnantes que m’avait ouvertes ce travail. Je le regrette pour l’idée même d’information, me demandant avec un certain amusement ce que mes anciens lecteurs vont bien pouvoir s’acheter quand ils paieront pour un journal qui n’est plus alimenté par un véritable travail de terrain.

Je continuerai de mettre à jour les archives ici (il y a un peu moins de 50% des articles que j’ai écrit sur Nogaro qui sont en ligne sur ce site) quand j’en aurai le temps et j’écrirai peut-être quelques chroniques locales directement sur ce site à l’occasion de mes rencontres et déplacements dans le canton.
La somme des articles publiés ici restera en libre accès.
Mais je refuse de travailler gratuitement et j’espère que vous comprendrez ce choix.

Commentaires

Commentaire de Pascal
Date Dimanche 4 mai 2008 à 16:57

Je ne reçois pas la même édition du LPJ, donc je n’ai pas pu vérifier ce que devenait tes articles dans la version papier. Mais je vois déjà ce que peut être le “journalisme gratuit” dans l’édition locale du LPJ ou de la DDM: une succession de communiqués de presse, sans équilibre, sans introduction du sujet, sans recherche… éventuellement sans relecture, ni mise en forme.
Autant dire que j’ai apprécié les articles que tu as publiés dans Le Petit Journal de Nogaro.
Et que je soutiens ton refus de t’échiner pire que pour rien, carrément à tes frais.

Commentaire de Agnès Maillard
Date Dimanche 4 mai 2008 à 17:18

Merci Pascal pour ton petit mot.
Mes articles ont pratiquement toujours été repris tels quels dans la version papier, j’étais même la seule quasiment à utiliser des chapos. Il y avait juste une sélection dans les photos, pour une simple question de place.

J’ai déjà été approchée à plusieurs reprises par la DDM : mais la rémunération reste largement indigente pour un travail nettement plus important, vu qu’il faut pratiquement fournir au moins un sujet par jour… Ils ont laissé tombé quand j’ai dit que je voulais écrire comme pigiste.

Commentaire de Jean-Louis le Breton
Date Dimanche 18 mai 2008 à 8:44

Le lumpen prolétariat de l’écriture

La plupart du temps, les quotidiens se servent d’un article de loi sur les correspondants de presse pour mal payer ceux qui sont en réalité des pigistes.
A l’origine, les correspondants de presse étaient les petits papys des villages qui envoyaient une lettre au journal pour faire part d’une fête, d’un mariage, d’une naissance… Aujourd’hui, les correspondants des pages locales de Sud-Ouest, la Dépêche ou le Petit Journal font un véritable travail de journaliste mais ne sont pas reconnus en tant que tels.
En effet, un correspondant est souvent payé moins de dix euros pour un grand papier de plusieurs feuillets. Alors que pour un pigiste, le prix moyen du feuillet est de 63 €. Les journaux ont vite fait leurs comptes. Et tant qu’ils trouvent des volontaires (ah ! le plaisir d’avoir son nom dans le journal) ils ne vont pas se priver.
D’un autre côté, il est évident que si tous les correspondants étaient payés comme des journalistes, l’équation économique des journaux régionaux se casserait la figure. Alors le système va perdurer.
Quant au Petit Journal qui passe de l’option “mal payer” à l’option “plus rien payer”, faut pas pousser… Bravo pour ton travail Agnès et je te soutiens dans ta position.
Jean-Louis Le Breton
Rédac’ Chef du Canard Gascon

Commentaire de Agnès Maillard
Date Dimanche 18 mai 2008 à 9:09

Merci Jean-Louis pour ton soutien.

Je connais depuis le début le système d’exploitation de la PQR (ici doit-on parler de PHD, Presse hebdomadaire départementale?) et mon objectif n’était pas d’avoir mon nom dans le journal, mais d’exercer mon écriture, être au courant de se qui se passe dans le coin, faire connaître ma tête de chômeuse de longue durée pleine de bonne volonté à un maximum de monde et, accessoirement, payer la moitié de mon loyer.

Aujourd’hui, on parle de repartir vers la Dépêche, mais ce sera la même équation : beaucoup de travail de terrain pour ramasser des clous à la fin du mois. Ceux de la Dépêche connaissent mon boulot, y compris celui de l’autre blog, mais quand je parle d’être payée à la pige, c’est fini, il n’y a plus personne.
En attendant, tout est nettement plus cher que quand j’ai commencé et je ne peux plus vivre d’expédients.
J’aurais besoin d’un vrai boulot avec un vrai salaire… comme tout le monde, quoi!

Commentaire de Geneviève
Date Samedi 28 juin 2008 à 16:10

Mêmes questions, mêmes non réponses,
mais j’ai la chance d’être retraitée (revenu assuré par ailleurs)
- en quoi notre travail d’information est-il indispensable à notre société (celle où nous vivons au quotidien)?
- Comment valoriser notre compétence (recueillir les infos, les mettre en forme, les transmettre…)?
- écrire pour un journal, est-ce pour autant cautionner certaines lignes éditoriales?
Bon courage!

Commentaire de antonio sanchez olmos
Date Mardi 15 juillet 2008 à 13:23

Lo siento mucho. Me gustaba leer vuestro journal porque me trae recuerdos de aquella querida tierra y de un amigo que allí tenía.
Desde España hasta siempre.

Commentaire de Agnès Maillard
Date Mardi 15 juillet 2008 à 17:56

¡Muchas gracias! no pensaba ser leído tan lejos. Los artículos se quedan en línea y hará falta que me tome un tiempo para añadir los antiguos…

La traducción viene de Reverso.net… espero que sea un poco comprensible en español, lengua que no conozco.

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