Contre l’agroécologie à  la sauce Le Foll

Dernièrement, certains acteurs du monde agricole conventionnel ont commencé à  tenir des discours teintés de préoccupations environnementales, ce qui ne cessait de nous étonner eu égard à  leurs états de service.

Vanne brisée
En septembre 2012, la zone Natura 2000 du Moura est vandalisée : la cabane cistercienne est incendiée, la vanne brisée et l’étang asséché, ce qui provoqua la mort de nombreux poissons et le déclin d’une espèce protégée.

Ainsi, la foire agricole de Barcelonne-du-Gers a accueilli un débat sur l’avenir écologique de l’agriculture, avec des intervenants dont la nouvelle implication écologique était pour le moins étonnante, comme le semencier Vivadour ou les Jeunes Agriculteurs du Gers dont certains membres s’étaient plutôt illustrés dans la destruction d’un espace naturel Natura 2000 où vivaient des espèces protégées.

Selon Fabrice Nicolino, nous avons plutôt affaire à  une vaste opération de communication visant à  conforter l’agriculture intensive et industrielle, avec un bon coup de #greenwashing pour faire passer la pilule et détourner l’attention des légitimes inquiétudes citoyennes.

Nous, mouvements sociaux organisés, associatifs, syndicaux et professionnels, affirmons qu’une agroécologie paysanne existe aujourd’hui en France. Nous sommes obligés de la qualifier d’ « agroécologie paysanne » pour la distinguer de la campagne de communication du Ministère de l’Agriculture qui brandit le drapeau de l’agroécologie dans le seul but de mieux camoufler la fuite en avant de l’agriculture industrielle vers la marchandisation du vivant et la bioéconomie.

En effet, les méthaniseurs industriels qui détournent la production alimentaire au profit de la poursuite du gaspillage énergétique, les semis directs avec l’herbicide Round Up ® et les technologies génétiques destinées à  breveter les semences sont des supercheries qui sont scandaleusement inscrites sous le vocable agroécologie par ce ministère. Par ailleurs, celui-ci, tout en élaborant la loi d’orientation agricole et en se réclamant de l’agroécologie , est en train de valider une loi sur les propriétés intellectuelles qui élargit, par les brevets sur les marqueurs biochimiques, moléculaires ou génétiques, le pouvoir des transnationales sur tous les domaines du vivant, et interdit les semences paysannes et reproductibles !

L’agroécologie paysanne est avant tout un corpus de pratiques vivantes et de mouvements sociaux avec un objectif politique commun : une agriculture sociale et écologique ancrée dans les territoires.

Elle s’inclut dans un mouvement de transformation sociétale global qui touche tous les secteurs d’activité (énergie, transformation, commerce, transport, habitat, éducation, santé, etc). Nous critiquons l’idéologie productiviste, le modèle agro-industriel et même le concept de développement agricole. Le terme de développement est assimilé à  la notion de croissance économique illimitée. Cette notion est antinomique avec le vivant dont le développement n’est pas fait que de croissance, mais est contenu par des équilibres dynamiques complexes à  tous les niveaux d’organisation.

Appliqué à  l’agriculture, le développement est un mirage entretenu par les intrants pétrochimiques et les subventions. Le projet du ministère français perpétue un modèle agricole industriel où le travail humain est taxé, l’emploi est détruit et les intérêts du capital préservés. L’énergie fossile est subventionnée, les impacts négatifs sont à  la charge de la collectivité et les bénéfices sont privatisés. Actuellement, nous avons en France 5 millions de chômeurs, dont des paysans sans terre, et 500 000 agriculteurs.

Lire l’article en entier : Planète sans visa » Contre l’agroécologie à  la sauce Le Foll.

 

 

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