Martin Malvy à  l'usine Poult de MontaubanPoult, pour les Gascons, c’est surtout l’usine d’Aire-sur-l’Adour, à  la délicieuse odeur caractéristique, qui fabrique 2000 tonnes de palmiers par an avec moins de 50 salariés. Quel avenir pour eux  ?

Poult est le principal fabricant français de biscuits après LU. Il produit l’essentiel des biscuits vendus sous marque distributeur en France. L’entreprise s’est illustrée, notamment, par son modèle managérial original où les niveaux hiérarchiques ont été abandonnés au profit des initiatives des salariés, des ouvriers aux cadres.
Ce sont d’ailleurs les salariés d’Aire-sur-l’Adour qui ont eu la bonne idée d’ouvrir un magasin d’usine sur le site.

Mais Poult, c’est également trois usines acquises en Pologne en 2010 (en plus des 5 françaises rapportées dans l’article) — ce qui a temporairement doublé les effectifs du groupe — avant d’être cédées fin  2013 au fonds spéculatif Bridgepoint, et ce, afin de faciliter la revente de la partie française du groupe. Depuis sa prise de contrôle par le fonds spéculatif LBO France en 2007, le chiffre d’affaires du groupe est passé de 120 à  190 M€, ce qui en fait une entreprise non seulement très rentable, mais qui devrait rapporter gros à  la revente… sans aucune garantie pour l’avenir industriel des différents sites et des salariés qui y sont employés.

Poult, c’est 5 usines, et 190  M€ de chiffre d’affaires (+ 13  % en 2013). Le 2e biscuitier français après LU est leader dans les grandes et moyennes surfaces et réalise 30  % de son activité à  l’export. Mais Poult est connu dans toute la France pour son management innovant  : «  Nous avons changé la structure de l’usine en 2007, en supprimant des niveaux de hiérarchie, rappelle Carlos Verkaeren. Notre management est basé sur la confiance, la liberté et l’innovation.   » Disposant d’un incubateur interne, Poult propose à  ses salariés de leur laisser du temps libre pour travailler sur des projets innovants. «  Non, ce n’est pas le monde des Bisounours, la performance est un souci permanent   », tempère Didier Hirtzig, le directeur de l’usine de Montauban. «  Des groupes comme Airbus, Peugeot, Auchan, Phillips, viennent nous voir pour observer notre fonctionnement. Il faudrait peut-être en faire un métier !   » plaisante (à  moitié) Carlos Verkaeren.

via Martin Malvy visite Poult à  Montauban, les négociations sont toujours en cours pour la cession de l’entreprise