Le numérique préoccupe les rurauxQuand on parle de désenclavement de nos zones rurales, cela ne passe pas forcément par des autoroutes payantes.

L’accès aux services de communication modernes est une préoccupation importante des ruraux et des néoruraux que bien des élus aimeraient attirer dans les campagnes gasconnes. Comment séduire des professionnels indépendants hyperconnectés dans les zones peu denses quand ceux-ci découvrent qu’ils vont devoir répondre sur leur smartphone dans le jardin ou que leur connexion internet satisfait à  peine à  l’échange de mails  ?

Même pour un usage domestique, l’accès à  une connexion de bonne qualité est jugé comme indispensable. Dans un secteur immobilier particulièrement déprimé, la non-éligibilité d’un logement à  l’ADSL est totalement rédhibitoire et rend le produit pratiquement invendable, même à  prix bradé. Alors que les services publics sont en train de massivement dématérialiser les démarches, peut-on encore envisager un avenir quelconque aux zones blanches  ? Bientôt, les personnes qui ne pourront pas accéder à  un débit internet minimum seront des citoyens de seconde zone.

Face à  ces problématiques, les élus des zones rurales sont souvent dépassés et donc dépendants des argumentations pseudotechniques d’entreprises à  visées strictement commerciales. L’offensive d’Orange auprès des élus des zones peu denses pour fourguer sa 4G qui peine par ailleurs à  trouver son public en est la triste illustration. Si la 4G peut éventuellement intéresser des urbains nomades entre deux lieux connectés, son cout et ses limitations (notamment en terme de quotas de données) ne peuvent en aucun cas répondre à  la question d’un usage domestique ou professionnel de l’Internet au quotidien et posent la question éminemment politique et démocratique de la neutralité du Net et de l’égalité d’accès qui devrait être la règle sur l’ensemble du territoire républicain.

Autant de questions simples et de préoccupations légitimes auxquelles nous aimerions que réponde le SDTAN du Gers.

Déployer le THD peut vite devenir un casse-tête pour les élus locaux, notamment dans les zones rurales où les moyens sont limités et les solutions plus couteuses. C’est pourtant dans ces mêmes zones que la demande est la plus forte, comme le montre le sondage de l’institut CSA.

Pour autant, le numérique n’est pas toujours très bien traité par les candidats des plus petites communes. Le Social Nextwork, du think-tank Renaissance Numérique, s’est penché sur leurs promesses électorales grâce à  son observatoire numérique des campagnes municipales lancé le 24 janvier dernier.

via Très haut débit : le casse-tête pour les élus locaux.