Le Gers en voie de désertification médicale

La multiplication des maisons de santé sur le territoire a-t-elle vocation à  pallier le manque d’attractivité du département ou au faible nombre de médecins formés chaque année  ? Manque de vocations, de moyens, de possibilités  : le Gers perd ses médecins. Beaucoup de ceux qui sont encore en exercice prendront leur retraite dans les 10 prochaines années. Quant aux quelques jeunes médecins formés, ils ne sont guère attirés par la grande ruralité que beaucoup voient comme un piège, voire une relégation : et s’ils se retrouvaient seuls à  couvrir les besoins médicaux de grands territoires abandonnés.

La composante sociologique est fondamentale  : les jeunes médecins généralistes sont autant des femmes que des hommes et ils doutent que le Gers offre les meilleures conditions pour une vie de famille qu’ils n’entendent pas sacrifier à  leur métier. Se pose en premier lieu la question du conjoint  : comment celui-ci, souvent d’un bon niveau de formation (terminé le temps où la femme du médecin se contentait du statut de son mari) a très peu de chance de trouver un poste à  la hauteur de sa qualification et de ses aspirations dans un bassin d’emplois de médiocre qualité. Si la qualité de vie est souvent appréciée, le recul des services publics inquiète les médecins qui souhaitent fonder une famille  : rareté de l’offre de garde collective, disparition des écoles communales, éloignement des pôles universitaires.

Faudra-t-il recruter des médecins étrangers pour lesquels le niveau de vie rural est enviable? Faut-il créer des bourses départementales d’études pour aider les jeunes locaux motivés à  financer de couteuses et lointaines études en médecine? Ne faut-il pas remettre la situation en perspective et penser globalement aux conséquences directes de l’abandon de la notion d’aménagement du territoire pour les zones de grande ruralité, où la population n’a plus du tout accès aux mêmes services que dans le reste du pays?

Le nombre de médecins qui exercent dans le Gers, a baissé de 11,4  % entre 2007 et 2014  : ils ne sont plus que 420 alors que le département a gagné près de 8000 habitants. La chute est vertigineuse pour les généralistes  : 47 de moins ces huit dernières années.

Les projections d’ici 2020 sont plutôt alarmantes  : le Conseil national de l’ordre des médecins et l’Insee prédisent une nouvelle chute des médecins en exercice de presque 9  % alors que la population gersoise doit continuer à  augmenter.

via Les Landes attirent les médecins, le Gers les repousse / France Bleu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *