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Sandrine Rapineau-Boissonnade expose ses œuvres jusqu’à fin décembre au FAM de Monguilhem dans le Gers, un choix sans concessions.

Peindre, c’est comme respirer : je n’ai juste jamais arrêté. En fait, je peins tout le temps dans ma tête, ça foisonne et je passe aux tableaux quand j’ai besoin de faire de la place, quand j’ai assez engrangé. Cela peut arriver à tout moment et je m’y mets.
Quand je mets un coup de crayon, j’ai des milliers de coups de pinceau qui sortent : la vie m’inspire, mais pour moi, ça passe par l’imaginaire. Pour la réalité, il y a la photo.

Sandrine Rapineau-Boissonnade devant l'une de ses œuvres

Sandrine Rapineau-Boissonnade devant l’une de ses œuvres

Depuis la rentrée, Sandrine Rapineau-Boissonnade anime un atelier thérapeutique d’art plastique au Foyer d’Accueil Médicalisé de Monguilhem, une unité qui accueille 38 malades psychiques vieillissant, c’est-à-dire des patients qui ont plus de 50 ans et dont les besoins ont évolué avec l’âge.

Les résidents goûtent aux joies du vernissage en compagnie des visiteurs.

Les résidents goûtent aux joies du vernissage en compagnie des visiteurs.

C’est de l’art brut, sans jugement. J’aime avoir ce genre d’échange. Ces personnes ont autant le droit à la culture et à l’art que n’importe qui et ils ont tellement de choses à exprimer, parfois mieux que nous.
Picasso a tenté toute sa vie de dessiner comme un enfant. Ici, certains y arrivent du premier coup.

En amont de l’exposition, il y a tout le travail de l’équipe de la structure pour stimuler les bonnes pratiques et l’ouverture vers l’extérieur. Depuis 2002, un programme national vise à replacer les résidents au centre du dispositif d’accueil, à travers un grand nombre d’activités stimulantes, comme la photo, la musique, le théâtre et maintenant l’art plastique avec Sandrine.

Plus important, un véritable travail de retour à la citoyenneté tente d’éveiller les patients à la vie sociale, à laquelle beaucoup n’ont plus participé depuis longtemps.