Le lobbying intensif pour la privatisation de la RN21 ne semble toucher qu’une toute petite partie de la population, celle qui y a des intérêts économiques directs.

Les autres usagers ont vite fait d’y voir le loup, à savoir que cette privatisation de la voie publique se transformera pour la grande majorité des riverains en une confiscation de leur droit de circuler et en l’obligation financière d’utiliser des voies secondaires bien moins entretenues, bien plus accidentogènes, et qui devraient compliquer encore plus les déplacements. Autrement dit, après avoir financé les voies de circulation par leurs impôts, les riverains n’ont pas particulièrement envie d’en être exclus par l’argent.

Une route payante sans doubler la RN21 reporterait la circulation (…) sur les petites routes du secteur concerné avec les accidents qui en résulteraient. »

« Si c’est pour la mettre au prix prohibitif de la Pau – Bordeaux qui reste inaccessible à la majorité d’entre nous , c’est pas la peine!!! »

Il convient aussi de remarquer que Les Landes, département bien plus dynamique, s’est doté de voies rapides publiques, gratuites et performantes qui ont facilité les échanges au lieu de les entraver, comme c’est le cas avec la fameuse autoroute Alienor, couteuse, trop cher à l’usage et en faillite virtuelle de par son manque de fréquentation.

Face à des arguments rationnels, il est clair que les lobbyistes sont loin de faire le poids, surtout quand ils s’aventurent dans des tournures de phrases aussi malheureuses que celle-ci :

Jean-Louis Costes est allé jusqu’à dire que, pour « avancer, il faut violer l’État ».

via Les internautes votent contre le passage de la RN21 en 2×2 voies à péage – SudOuest.fr.

En face de ce rouleau compresseur, les opposants à la privatisation affutent des arguments bien plus percutants :

C’est d’abord un non-sens économique :

Au nom du désenclavement des territoires, ce projet limitera la mobilité intra ou interdépartementale par le surcoût que devront payer les automobilistes et usagers professionnels de la route.
Le coût exorbitant de ce projet en rend la rentabilité impossible au vu de la fréquentation actuelle quand on sait qu’il faut 20 000 véhicules/jour pour rentabiliser une autoroute.

C’est aussi un non-sens social :

Dans un département aussi mal équipé en transport en commun, il est injustifiable de vouloir rendre payant une route actuellement gratuite et adaptée au besoin du plus grand nombre. Quel en sera l’impact financier pour les périgourdins qui emprunte quotidiennement la RN 21?

via Privatisation de la RN21 : un contresens économique, social, écologique et territorial !