Comment les agriculteurs peuvent-ils se forger une opinion éclairée sur les enjeux les concernant, quand dans les publications qui leur sont adressées, il n’y a jamais qu’un seul son de cloche?

L’article refusé par « La Volonté paysanne » détaille la position de la Confédération sur la directive nitrates imposée par l’Europe à la France pour une meilleure qualité des eaux, mais que les autorités gersoises ont refusée lors du dernier Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). La Confédération paysanne, qui a un avis différent de celui de la FDSEA, donc de la Chambre d’agriculture du Gers, voulait publier sa position dans le journal de la Chambre.

Pour elle, « la France, sous la pression du syndicat en place et de ses filières, n’a jamais pris la mesure de l’enjeu de la pollution des eaux par les nitrates. Plusieurs fois, sous le coup d’une mise en demeure de la Communauté européenne, elle s’est vue obligée de fortement durcir sa réglementation. Durcissement soudain et difficile à appréhender pour les agriculteurs qui n’avaient jamais été réellement encouragés à modifier leurs pratiques dans les vingt premières années de mise en œuvre de la directive nitrates. […] Au lieu de défendre le revenu des agriculteurs par des prix rémunérateurs et des aides mieux réparties, une politique de “compétitivité” a été mise en place, fondée sur l’augmentation incessante des volumes et des prix les plus bas pour accéder aux marchés mondiaux. Cette politique a fait l’impasse sur la préservation des ressources naturelles, elle a plongé beaucoup d’agriculteurs dans la précarité. »

via Gers : la grogne monte chez les agriculteurs – SudOuest.fr.