Le journal Sud-Ouest plastronne d’avoir pu déduire d’un ensemble de données mises en forme par le Journal du Net que les municipalités du Gers étaient fort peu endettées…

Un graphique pour ne rien dire

Un graphique pour ne rien dire

Ce qui revient en terme de pertinence journalistique et de cohérence statistique à se réjouir de ce qu’un écureuil pèse bien moins lourd qu’une pastèque…

On nous le rabâche assez : la dette, c’est le mal.

Pourtant, il serait bien de se pencher un peu sur la question : qu’est-ce que la dette, de quoi est-elle composée?

Le budget d’une collectivité, comme n’importe quel budget, s’équilibre entre les entrées et les sorties. Certaines communes bénéficient de recettes conséquentes qui proviennent de la valeur du foncier (et donc un peu de l’intensité de la spéculation immobilière, fort différente entre milieu urbain et rural), des revenus des ménages, des activités implantées sur son territoire, des dotations d’autres collectivités. Déjà, il y a d’énormes disparités entre de petits villages ruraux ou de grandes métropoles urbaines, mais aussi entre les régions, les populations, etc.

Les dépenses se répartissent entre les dépenses de fonctionnement et celles d’investissement.

Les dépenses de fonctionnement sont relatives à la population, sa composition par âge, par revenus, la quantité d’équipements à entretenir, les compétences non encore échues à d’autres collectivités comme les communautés de communes, les obligations légales, la quantité et la compétence des agents. Une grande ville dynamique et tertiarisée n’aura pas du tout le même type de dépenses de fonctionnement qu’une petite ville de province avec une population vieillissante et peu fortunée.

Quant aux investissements, il s’agit des chantiers mis en œuvre par la commune pour améliorer son équipement et étendre la gamme de services qu’elle peut offrir à ses administrés. Comme un investissement est souvent lourd et s’amortit sur plusieurs mandatures, il n’est pas excessif d’en lisser le financement par le biais d’emprunts.
Par contre, emprunter pour financer les dépenses de fonctionnement est le signal d’une situation financière critique.

Donc, on peut avoir des communes faiblement endettées parce qu’elles sont déjà très bien équipées et que les amortissements ont été liquidés depuis un moment. On peut aussi avoir des communes faiblement endettées parce que disposant de revenus bien plus importants que les besoins à satisfaire.

Mais il y a aussi des communes faiblement endettées parce que leur niveau de ressources est trop faible pour permettre d’y développer des services et équipements et qui donc souffrent d’importantes lacunes, ce qui est plus souvent le cas du Gers, dont le taux d’équipement global est terriblement faible : des bâtiments publics mal entretenus, des places de crèches insuffisantes ou inexistantes, peu ou pas de transports en commun, peu ou pas d’équipements sportifs, etc.

Voilà soudain une vision des choses qui prête moins à se réjouir.

À l’autre extrême, il y a des villes fortement endettées parce qu’elles massivement investi pour améliorer leur niveau d’équipement, ce qui les rend plus attractives à terme pour de nouveaux habitants et entreprises. Il s’agit alors plutôt d’une politique de développement et de pari sur l’avenir, de communes dynamiques.

Bien sûr, il existe aussi des communes dont les budgets sont lourdement grevés par des dépenses somptuaires et inutiles, plus destinées à flatter la mégalomanie de leurs élus qu’à améliorer la vie quotidienne des administrés.

Dans tous les cas de figure, le simple niveau d’endettement par habitant n’est absolument pas un indicateur fiable quant à la qualité économique de la gestion d’une commune.

On observe que le Gers fait figure de bon élève. En effet, aucune ville du département ne franchit la barre symbolique des 1000 euros de dette par habitant. Ce n’est pas le cas dans les Landes, en Charente-Maritime ou encore dans les Pyrénées-Atlantiques, comme le montre le classement qui suit.

 

via Découvrez le classement des villes les plus endettées du Sud-Ouest – SudOuest.fr.