Un article très intéressant sur la difficulté à faire changer des pratiques agricoles qui tuent et un film à voir.

Caroline Chenet dénonce l’hypocrisie de la Sécurité sociale. « Pour elle, les agriculteurs qui ont un cancer ou la maladie de Parkinson sont des gens qui ont eu un métier fatiguant et sont usés, et ça s’arrête là. C’est d’autant plus scandaleux que nous avons appris que dans la région, une clinique accueille régulièrement des viticulteurs du Bordelais, du Médoc et de Charente empoisonnés d’avoir traité leurs vignes. »

Sa colère prolonge celle de son mari. « Yannick était un homme en colère. Cela ne l’a pas empêché de très vite chercher à convaincre les agriculteurs qui autour de nous utilisaient des pesticides sans se protéger suffisamment. Il s’est alors heurté au refus de certains de reconnaître que les produits étaient la cause de son cancer et en a été blessé. La rencontre d’autres agriculteurs frappés par la maladie a été à ce moment très importante pour lui. »

L’association Phyto-Victimes n’existait pas encore. « Nous avons été conviés en janvier 2010 à l’« appel de Ruffec ». Il y avait là cinq autres victimes dont Paul François, un agriculteur très malade également, qui avait des contact avec l’association de défense de l’environnement Générations Futures. » Cette réunion a débouché un an plus tard sur la création de Phyto-Victimes, qui réunit tous les professionnels concernés par le problème des pesticides.

Changer la formation des jeunes

Caroline Chenet-Lis porte désormais un regard différent sur le monde agricole. « Dans les lycées professionnels, les jeunes commencent à apprendre à utiliser un pulvérisateur avant de connaître la dangerosité des produits ! Il faut les former pour qu’ils cultivent bio ou limitent au maximum l’utilisation des pesticides. Cela prendra du temps mais c’est les jeunes qu’il faut convaincre ! »

via Danger des pesticides : la veuve d’un agriculteur témoigne.