Sélectionner une page

Que signifie réellement une fermeture d’école en milieu rural?

Pour commencer, du transport en plus, et donc de la pollution supplémentaire. Du temps en moins, car le temps passé à aller et revenir de l’école plus éloignée est un temps perdu, un temps de fatigue supplémentaire. De l’autonomie en moins : les enfants ne peuvent plus se rendre à l’école par leurs propres moyens, ils n’apprennent plus à se déplacer dans l’espace public. des  chômeurs en plus : une école qui ferme, c’est aussi un instit en moins, déplacé, déraciné, mais aussi un poste qui disparaît, une personne qui ne sera pas recrutée, une cantinière qui va aller pointer au chômage, une ATSEM qui va toucher le RSA au lieu de contribuer à la richesse collective. C’est donc de la pauvreté en plus.

C’est généralement le début du déclin du village, l’un des derniers lieux de vie qui disparait, plus d’éloignement, plus de voitures et moins de convivialité.

C’est aussi, très souvent, trop d’enfants par classe dans l’école de destination, un enseignement dégradé, une scolarité de moins bonne qualité.

L’annonce de la fermeture de classes avec la nouvelle carte scolaire pour la rentrée 2015 (voir «La Dépêche» du vendredi 3 avril) a mis le village de Beaucaire en ébullition. Les parents d’élèves, avec à leur tête les deux déléguées, Annabelle Morlan et Alexandra Rosso, ont décidé d’occuper l’école : «Occupation illimitée», disent-elles en chœur. Il est vrai que le sort de 26 enfants répartis en deux classes, maternelle- CP (12 élèves) et CE1 à CM2 (14 élèves) est en jeu. L’école dispose également d’une cantine scolaire associative. Et l’école, c’est vraiment l’affaire de tous. Hier matin, la mobilisation était totale et les banderoles sans équivoque, allant du «Parents en colère !» au «Un village vivant, c’est une école ouverte !», traduisant le ressenti des parents, des enfants et des enseignants sur cette fermeture programmée.

via Fermeture annoncée, école occupée – 04/04/2015 – LaDepeche.fr.