Sélectionner une page

Le processus de démontage des zones rurales se poursuit patiemment avec la précarisation des personnels enseignants. En fait, il faudrait plutôt comprendre le démontage du métier d’enseignant, car il est aberrant de penser qu’une personne est apte à enseigner à de jeunes enfants juste avec une licence en poche. Car enseigner, ce n’est pas savoir, c’est savoir faire apprendre, c’est à dire beaucoup de pédagogie, ce qui n’est pas enseigné dans les filières classiques.

Autrement dit, quelles garanties éducatives peuvent attendre parents et enfants de personnels précaires, mal payés et non formés, si ce n’est une forme légèrement améliorée de garderie?

Et que penser des objectifs réels de l’Éducation Nationale qui a réduit ses effectifs au-delà de toute logique et qui maintenant explique qu’elle n’a plus assez de personnel qualifié pour faire le boulot?

Côté inspection académique, on relativise. «Ces recrutements concernent deux personnes sur les quelque 900 enseignants du primaire du Gers, précise le secrétaire général, Jean-Philippe Rodriguez. Ce n’est pas habituel dans le département, mais ça se fait massivement ailleurs. On a un certain nombre de personnels prévu au budget. Et à ce moment de l’année, il n’était pas possible de recruter du personnel autrement. Pour éviter cette situation il faudrait que les effectifs soient en léger surnombre. Ce qui n’est plus le cas.» L’équilibre budgétaire dans le primaire a un prix : celui d’un recours aux précaires.

Source : Des instituteurs embauchés en CDD – 02/06/2015 – ladepeche.fr