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Comme le remarque assez justement Laurent Pinatel de la Confédération Paysanne, cela fait des années que les paysans disparaissent et ce n’est pas donc la cause de la crise porcine actuelle, qui est très nettement une crise de surproduction. L’idée d’augmenter encore les rendements des exploitations est donc concrètement une impasse.

 

Et puis, même si le gouvernement donne les trois milliards d’euros demandés, où iront-ils ? Pas aux petits producteurs, assure le paysan : « Il y a toujours des seuils d’exclusion. Par exemple, il y a quinze ans, sur mon département il y a eu des aides pour les éleveurs en difficulté financière. Nous étions 250 producteurs. Les huit plus gros ont empoché 51 % de l’enveloppe d’aides. Dedans, il y avait des présidents de syndicats et de coopératives. Ils s’étaient servis. Voilà leur philosophie : ils pensent que les petits producteurs n’ont pas d’avenir donc que cela ne sert à rien de les aider. »

Autre cheval de bataille de la FNSEA, les normes environnementales, dénoncées comme plus sévères en France qu’ailleurs. Xavier Beulin a plaidé pour leur suspension pendant un an. « Sur les directives européennes oiseaux, nitrates, habitat, la France fait plus que ce que demande l’Europe », déplore la vice-présidente de la FNSEA. La bête noire du syndicat est l’obligation d’enquête publique pour ouvrir un élevage de taille importante. Le gouvernement a déjà allégé la procédure pour les porcs et les volailles. « Il faut le faire pour les bovins maintenant », demande-t-elle. La FNSEA réclame aussi un assouplissement des règles pour la création de réserves d’eau et l’irrigation. Côté pesticides, elle souhaite que la France cesse de réduire la liste de ceux autorisés.« Si un tel moratoire est mis en place, les conséquences pourraient être dramatiques, s’inquiète Laurent Pinatel à la Confédération paysanne. Si l’on suspend la directive nitrate, c’est une autorisation à polluer plus, à détruire les sols. Le jour où l’on n’aura plus qu’un sol mort pour cultiver, on ne pourra plus compter que sur les produits chimiques pour le nourrir. On sera à la merci de l’agriculture industrielle. »

Source : Le plan de Xavier Beulin qui va faire disparaitre les petits paysans

L’intensification de l’industrialisation agricole est à contresens de l’histoire. Les consommateurs rejettent de plus en plus ces méthodes de production qui méprisent non seulement la vie animale, mais aussi la santé du consommateur final et se tournent de plus en plus vers des sources alternatives, comme les circuits courts qui rétribuent les paysans au juste prix de leur travail.

Producteur de porcs à Saint-Pern en Ille-et-Vilaine, il entend défendre un autre modèle agricole, « plus raisonné, plus autonome et plus économe ». « Je me bats pour redonner du sens à ce pourquoi on est paysans », assure le producteur, qui vend sa viande porcine à la ferme et dans les circuits de restauration collective entre 9 et 10 euros le kilo. Un prix bien supérieur à celui de 1,40 euro fixé au marché du porc breton à Plérin. « De toute façon, il y a déjà une surproduction de porcs en Bretagne et on demande aux éleveurs de produire encore plus. C’est un système industriel qui ne survit que grâce aux subventions, il faut vraiment en finir avec ça », dénonce-t-il.

Source : Agriculture : Pourquoi tous les paysans bretons n’iront pas à Paris