L’objectif a toujours été de fermer les écoles rurales et de liquider les RPI

Non à la mort de nos petites écoles
Lutte pour la sauvegarde d’un poste au RPI d’Arblade-le-Haut, en 2010, dans le Gers.

Cela fait des années que nous le répétons : l’éducation de proximité et de qualité des petites écoles rurales a toujours été dans le collimateur de la politique nationale d’éducation, une politique assez méprisante des besoins réels de la population en général et des enfants en particulier, une politique essentiellement dictée par des urbains de centre-ville qui ont eu accès généralement aux meilleurs établissements et aux filières d’excellence, une politique plus préoccupée de chiffrage et d’austérité budgétaire que d’efficience de l’éducation pour tous et donc pour chacun.

Fermer les écoles de campagnes et concentrer les effectifs dans les chefs-lieux, c’est supprimer de l’emploi, c’est augmenter la facture du transport scolaire qui pèse de plus en plus lourd sur les finances locales et — par extension et transferts — sur les familles, c’est dégrader le bilan carbone, c’est réduire l’autonomie des enfants tout en leur allongeant parfois démesurément la journée de travail. En effet, réduire les heures de cours, comme c’est actuellement la tendance, ne sert à rien quand le ramassage scolaire démarre tôt, que le trajet s’allonge à cause des nouvelles dessertes et que l’enfant est ramené tard à la maison.

Comme nous l’avons aussi toujours dit, l’attaque contre les écoles rurales — et, à travers elles, contre l’ensemble des services publics et des besoins fondamentaux des populations rurales, traitées comme des peuplades colonisées qui doivent fournir des ressources et des services aux métropoles sans rien recevoir en retour — a été d’autant plus efficace que chaque école s’est défendue seule alors que le problème nous concerne tous!

Le Premier ministre ne lui donne pas explicitement les éléments de négociation. Il cite toutefois les cinq « conventions ruralités » déjà conclues (avec les associations départementales de maires d’Ariège, du Cantal, des Hautes-Pyrénées, du Gers et du Lot) et à venir (Allier, Creuse et Haute-Loire) ». Or l’argument principal, pour parvenir à ces signatures, ce n’est pas tant l’offre numérique, les activités périscolaires ou la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. C’est la garantie du maintien des effectifs enseignants pendant trois ans. Une garantie qui s’accompagne d’une contrepartie impitoyable : l’engagement d’élaborer un plan de regroupement des établissements scolaires, dans le cadre des fameux regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI). C’est-à-dire fermer des écoles.
Lors du comité interministériel aux ruralités de Laon du 13 mars dernier (voir notre article ci-contre du 16 mars 2015), le gouvernement avait déclaré que ces « conventions ruralités » constituaient une « réponse pertinente à l’éparpillement des petites écoles en milieu rural et au recul de la démographie des élèves ». Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France, avait quant à lui parlé d’un « chantage inadmissible » qui aboutira à « tout transférer dans la ville chef-lieu ».

Source : Fermeture d’écoles : le sénateur Duran missionné pour développer les « conventions ruralités », localtis.info

2 réflexions sur “L’objectif a toujours été de fermer les écoles rurales et de liquider les RPI

  1. Cela dure depuis 1989 (avec une petite interruption du moratoire sur leur suppression décrété après le bruit du colloque de Crozon « école rurale, école nouvelle » (1993)supprimé trois ans après par Ségolène Royal).
    Partout, déni éducatif, déni démocratique de l’Etat et de son administration, aveuglement des politiques dans la fuite en avant poursuivie dans tous les domaines, dans la destruction de tout ce qui permettrait de construire une autre société un tantinet plus humaine mais aussi plus efficiente.
    Ailleurs :http://education3.canalblog.com/tag/classe%20unique

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