Action symbolique de blocage des camions qui poursuivent inlassablement leur noria bruyante et polluante pour alimenter l’insatiable décharge de Pavie.

Derrière le combat des riverains qui s’inquiètent — à juste titre  — des pollutions sonores, mais aussi environnementales, se cache l’épais dossier d’un scandale hélas bien répandu, celui des décharges françaises.

Pour comprendre le combat et l’exaspération des riverains, il faut remonter à la source du dossier pour en contempler toute l’horrible étendue que les pouvoirs publics aimeraient pouvoir continuer à enterrer (comme nos déchets) dans la plus parfaite ignorance.

Comme le raconte si bien le journaliste Sylvain Lapoix venu enquêter sur place à Pavie, l’histoire de la décharge remonte à longtemps.

Le visiteur s’égarant en banlieue d’Auch au pied de la décharge de Mouréous pourrait s’y méprendre. Levant les yeux vers ce site de stockage perché sur une colline, son regard suit la route avançant entre des bosquets d’arbres verts cernés d’herbes folles que ne dérangent que quelques tubes se faufilant entre le bitume et la butée. Sauf que cette colline n’en est pas une : un peu moins d’un mètre sous la terre, environ 275000 tonnes de déchets dorment, pour certains depuis les années 1970, dans lesquels plongent les racines des noisetiers.

Réouverte en 2001, la décharge de Mouréous située sur la commune de Pavie entasse aujourd’hui les ordures ménagères de l’agglomération sur près de trente ans de déchets. Comme le révèle une étude commandée par la mairie au cabinet Ectare pour la mise en conformité du site en 1999, des risques environnementaux avaient déjà été identifiés qui se sont récemment révélés toujours d’actualité.

45 ans que ça dure. Immense colline de déchets, la décharge de Pavie ne nuit pas qu’à la quiétude de ses riverains directs. Elle pollue également l’eau autour d’elle.

Si les eaux souterraines semblent correctement protégées, les eaux de surface inquiètent les apporteurs. Affluent de rive gauche du Gers, le ruisseau du Lary qui jouxte la décharge est pointé comme « particulièrement sensible aux pollutions ». Parmi les incidences notables sur le milieu, deux points sont soulignés :

  • que le système d’épuration actuel permet un abattement important de la pollution, mais que cet abattement est encore insuffisant pour garantir une qualité des eaux correcte au ruisseau de Lary,
  • que les taux de pollution observés sur le Lary sont très pénalisants (voire rédhibitoires notamment au niveau des MES en amont) pour la faune aquatique du ruisseau,

Comme on peut le lire dans l’article sur Les secrets beauté de Pavie, décharge de 42 ans qui en fait 14, la colère des riverains devrait être notre colère à tous!

 

L’enquête publique sur le plan départemental d’élimination des déchets ménagers, qui était prévue cet été, a été stoppée. Nous avons été reçus au ministère de l’Écologie le 11 septembre dernier, avec une très bonne écoute. Et on en a marre de cette installation classée nuisible pour l’environnement, pour les riverains, sans parler de la route…» Les travaux de plusieurs centaines de milliers d’euros annoncés par le conseil départemental sur la route, très étroite, sur laquelle des dizaines de gros poids lourds passent chaque jour, n’ont pas commencé. De multiples litiges et recours font traîner le dossier. Et à présent, se profile un risque nouveau : «Avec le transfert au 1er janvier 2016 des compétences vers la nouvelle Région, nous sommes inquiets. Les décisions vont passer à Toulouse, où ils cherchent aussi des zones de décharge. Et pas trop près de chez eux !»

Source : Ils veulent bloquer l’accès de la décharge – 04/11/2015 – ladepeche.fr