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Une fois de plus, on passe à côté du vrai débat qui est celui de la place des usagers des transports doux dans un territoire uniquement pensé pour les automobiles.

Comme les plus jeunes, les personnes âgées sont vulnérables sur des voies publiques qui consacrent le règne du tout-bagnole. Leurs facultés réduites ne leur permettent pas le niveau de réponse exigé par des véhicules rapides et nerveux. À cause de l’insuffisance notoire des infrastructures permettant aux autres usagers de se déplacer sans être menacés par les automobiles, ces populations vulnérables comptent parmi le gros des victimes de la route.

Énormément de lieux, quartiers, bâtiments, zones ne sont pas réellement accessibles sans voiture que ce soit en ville ou à la campagne. La ville se caractérise par l’éclatement des lieux de vie, son expansion commerciale périphérique inaccessible que ce soit à pied, en vélo ou en transports en commun. En campagne, les routes sont étroites, sinueuses, souvent sans accotement digne de ce nom, impraticables pour les piétons, accidentogènes pour les cyclistes.

Pour les populations sans permis de conduire ou n’ayant plus un état de santé suffisant pour la conduite automobile, cette exclusivité des aménagements pour les seuls automobilistes est non seulement excluante de l’ensemble de la vie économique et sociale, mais aussi dangereuse, en ce qu’elle oblige ces usagers à de constantes mises en danger.

De nombreuses solutions ont donc été évoquées, comme une meilleure signalétique en amont des ronds-points ou la neutralisation des places de stationnement qui précèdent un passage piéton ou la mise en place d’une bande d’arrêt quelques mètres avant les passages piétons. Côté sensibilisation, l’idée est d’abord de faire face au «déni» des personnes âgées de leurs pertes de facultés. Du côté de la sensibilisation des autres usagers, une des pistes est de mettre en place un signe distinctif sur la voiture des seniors volontaires. De quoi permettre, selon ses promoteurs, de faire comprendre aux autres usagers qu’il faut «faire baisser la pression» sur le conducteur senior.

Source : La route plus meurtrière pour les seniors – 06/11/2015 – ladepeche.fr