Toujours la déconnexion avec la nature et l’environnement — et la société civile, en passant — au cœur des préoccupations agricoles gasconnes. Et toujours pas d’interrogations sur la pertinence de développer des monocultures qui ne sont pas adaptées au climat dans lequel on persiste à vouloir les maintenir.

Le maïs nécessite toujours plus d’irrigation parce que c’est une culture tropicale. Bien sûr, le changement climatique pourrait faire basculer la région du côté humide et chaud du climat, mais pour l’instant, le déficit hydrique se creuse et les retenues d’eau ne pourront capter plus d’eau qu’il n’en tombe… à moins de prélever sur le réseau existant et donc compromettre les activités en aval.

Est-ce que la fuite en avant productiviste — qui se traduit par une crise permanente de surproduction, l’effondrement des cours et donc des revenus agricoles et un gaspillage effréné des ressources (en gros, 50% de la production agricole arrive à l’estomac du consommateur, le reste est perdu tout au long de la chaine d’approvisionnement!) — est la seule solution envisageable dans un monde plongé dans une crise multifactorielle et elle, bien plus durable toutes les politiques mises en œuvre pour lui faire face, tout en l’alimentant?

Autre satisfaction, le projet Eaux Vives lancé il y a trois ans, pour «relever le défi de la création de ressources en eau». L’irrigation constitue aussi «une assurance-vie» pour beaucoup d’agriculteurs et Eaux Vives fait son chemin : «Trois ouvrages sont autorisés et vont déboucher sur la création de trois lacs dont les travaux ont commencé. Nous visons un objectif de 30 lacs supplémentaires dans l’année et notre portefeuille de projets pourrait aller jusqu’à 150 ouvrages». Dans ce projet, poursuit Christophe Terrain, «notre stratégie a été pragmatique autour de quatre axes : identifier les projets et lever les freins au démarrage en prenant en charge tous les travaux d’étude préalables (n.d.l.r : dont les coûts peuvent dépasser 15 000€), nous limiter à des dossiers de petite taille soumis à autorisation, être partenaire des services de l’Etat dans l’avancement du processus administratif et enfin développer le concept d’aqua-responsabilité». Ainsi avec l’utilisation d’énergie solaire pour les opérations de pompage. Ces lacs de moins de 50 000 m3 sur des exploitations d’agriculteurs sociétaires de Vivadour, ce n’est pas Sivens , mais comme «chaque ouvrage peut être attaqué au tribunal», le président de Vivadour espère que cela ne sera pas le cas «car il y va de la survie de nombreux territoires».

Source : Vivadour : «Un portefeuille de 150 projets de lacs» – 02/12/2015 – ladepeche.fr