Bien sûr, ne pas s’occuper des vrais problèmes : la promiscuité dans les élevages industriels et le manque de diversité génétique que l’espèce domestiquée.

Canards en élevage fermier traditionnel, en liberté, sous un figuier

Canards en élevage fermier traditionnel

Un autre éleveur confie à Basta ! avoir appris lors des réunions d’informations que des camions passaient d’un élevage industriel à l’autre sans nettoyer les caisses. C’est ce qui fait dire à la Confédération paysanne que « les élevages fermiers génèrent moins de mouvements donc moins de risques ». De nombreux producteurs fermiers, qui abattent et transforment les animaux sur leurs exploitations, demandent donc des dérogations pour ceux qui ne transportent pas les animaux vivants et ne risquent pas de diffuser les virus sur les routes.Le manque de diversité génétique des volailles en cause

Les conditions d’élevage pourraient aussi être un terrain favorable à l’expression du virus.

« Là où y a des fortes densités d’élevage, ça peut se diffuser très vite, précise Denis Fric. Si les animaux ont des types génétiques très forts, la porte est grande ouverte au virus ». Or, comme le montre notre enquête sur la reproduction animale, les animaux de ferme sont sélectionnés en fonction de critères productifs pour l’industrie, ce qui aboutit à une très forte érosion de la biodiversité animale. Ce manque de diversité génétique des animaux d’élevage pourrait favoriser l’apparition et la diffusion de microbes pathogènes.

« Quand les animaux ont des types génétiques variés, ils ont des sensibilités différentes : certains tombent malades, d’autres résistent, complète Denis Fric. La solution ? Il faut reprendre la génétique de la volaille. La diversité génétique implique des animaux plus solides ». C’est le travail que mène notamment Ivan Catinel avec sa fille, dans leur couvoir de canetons en Dordogne. Depuis 1988, Ivan travaille sur la sélection de souches de canards selon des critères de rusticité et de croissance prolongée. Or, cette sélection pourrait être anéantie dans le cadre des mesures de vide sanitaire voulues par le gouvernement.

Source : Guerre commerciale, élevages intensifs, génétique : les dessous de la grippe aviaire – Basta !