On apprécie l’exercice de haute voltige lexicale de l’actuelle représentante de l’académie, toujours dans l’optique d’un plan unique qui consiste à faire tourner le jeu des chaises musicales entre villages, année après année, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une école par canton.

C’est cela, concrètement, que l’on appelle le maillage du territoire.

Oui, ce n’est pas juste que certains soit à 12 dans leur classe unique et d’autres à 30 (et de plus en plus souvent, plus nombreux encore), mais la justice, ce n’est sûrement pas d’entasser tous les enfants dans des classes surchargées, non adaptées aux (sur-)effectifs et où, globalement, seule une toute petite minorité des enfants parviendra à tirer son épingle du jeu.

École après école, collège après collège, c’est tout le territoire rural qui est dans le collimateur, considéré comme une réserve de postes pour regarnir à moindre frais les effectifs anémiques des métropoles.

À l’arrivée, c’est partout en France, une Éducation nationale au rabais qui se configure, avec des locaux mal entretenus, des professeurs aux formations inadaptées à la réalité du travail, des classes surchargés, des établissements en surchauffe et une compétition accru entre les enfants pour grappiller les miettes d’éducation qui leur permettront de s’extraire de la masse sous-éduquée et espérer décrocher une place viable dans la société.

En face, on continue à subventionner, sur les mêmes fonds publics, tout un écosystème d’établissements privés qui permettent à qui en a les moyens d’acheter à leur enfants des conditions d’apprentissage décentes.

Et au milieu, des parents dépassés qui continuent à ne lutter que pour leur paroisse…

D’abord, je veux dire que les élus ont signé un protocole avec l’Éducation nationale fin 2014. Grâce à ce protocole il n’y a pas de retrait d’emploi dans le Gers, c’est une chance. En gros, sur 3 rentrées, nous perdons environ 300 élèves, donc il faudrait rendre 5, 6 ou 7 postes chaque année, ce qui n’est pas le cas. Grâce à ce protocole, le Gers a obtenu des arbitrages positifs. Nous voulons trouver un équilibre parce que ce n’est pas juste que certains élèves soient 30 par classe pendant que d’autres sont dans une classe de 12. Ce protocole nous permet une réflexion sur des propositions adaptées aux territoires. Et je veux dire que les communautés de communes qui proposent des projets cohérents auront tout mon soutien en termes de pérennité de leur organisation à la sortie du protocole.

Source : «Pas de retrait d’emploi sur le Gers, c’est une chance» – 18/02/2016 – ladepeche.fr