Au-delà des vertes collines de la Gascogne, c’est toute la France rurale qui est inlassablement dépecée et transformée en zone de relégation.

Dans le Lot, même analyse que dans le Gers et donc, même combat : on ferme des postes, des classes, des écoles dans une pure logique boutiquière et comptable et surtout, on ne se préoccupe pas des conséquences funestes, non seulement sur les territoires condamnés à la désertification et au déclassement, mais aussi pour les enfants, les familles ou même les caisses des communes, déjà très malmenées ces derniers temps.

Un peu comme on coule les paysans en les poussant à des investissements disproportionnés qu’ils ne pourront jamais rembourser, on détruit délibérément les petites communes en les poussant à investir massivement dans la modernisation de leurs petites écoles rurales.  Et juste après, on les ferme et sans se préoccuper de savoir si les bourgs auront les ressources matérielles et foncières d’accueillir le surplus d’enfants, comment ils pourront financer l’extension des locaux pendant que les locaux flambant neufs pourtant exigés en échange du maintien qui de la classe, qui de l’école, qui du RPI, pourriront sur place tout en étranglant le budget des petites communes rurales.

Destruction d’emplois (les cantinières, ATSEM, fournisseurs), éloignement des enfants, surpopulation scolaire : on doute franchement du bienfondé de ces décisions. Mais il faut aussi y ajouter une volonté certaine et bien masquée de détruire la ruralité, à commencer par son tissu communal.

En effet, endettées par l’effort de «mise aux normes et modernisation» de leurs établissements scolaires à présent abandonnés, les petites communes sont à la fois étranglées financièrement tout en étant condamnées à la fuite des familles qui ne trouvent alors plus de services de proximité. Une bonne occasion de les mettre sous tutelles et de les forcer aux fusions-disparitions au profit de communautés de communes dont le pilotage échappe totalement au contrôle citoyen.

«Ce qui se passe c’est 20 fermetures de classes et 10 écoles qui ferment. D’ici à 2020, ça va être 50 écoles qui vont fermer» remarque André Mellinger, maire de Figeac et vice-président du conseil départemental. «Quelle sera l’attractivité de notre département, de nos villages, sans écoles, sans hôpitaux, gendarmeries ? Nous sommes aujourd’hui arrivés à un recul historique» déclare Patrice Matence, secrétaire général de la CGT.«En demandant la fermeture de petites écoles qui existent, pour en construire de plus grandes, c’est du mépris, avec la baisse des dotations, on n’a plus la capacité de construire de nouvelles écoles» s’émeut un «citoyen solidaire».

Source : Jour de colère sur le pavé – 17/02/2016 – ladepeche.fr