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Comme nous le martelons depuis bien longtemps, la casse programmée des petites écoles est une guerre nationale, essentiellement menée contre les zones périphériques, que ce soit les banlieues ou les zones rurales. Il s’agit d’une logique comptable, mais aussi d’une volonté délibérée d’affaiblir la qualité de l’école publique et républicaine. Comme pour beaucoup de services publics dans le collimateur néolibéral, la dégradation programmée des conditions d’accueil (éloignement, manque de moyens, de personnel, etc.) conduit à ne plus remplir les missions pourtant programmées.

Pourtant, comme on peut le voir dans cet excellent reportage d’un journal indépendant non moins valeureux, fermer les petites écoles revient aussi à détruire une formidable pépinière d’offres et de méthodes alternatives dont aurait bien besoin l’Éducation nationale si elle continue à vouloir remplir sa mission : la formation de citoyens éclairés.

Loin d’être des cas isolés, ces fermetures d’écoles répondent à une volonté politique affirmée. En 2014, la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem déclarait à l’Assemblée nationale : « Dans les trois ans, le nombre d’écoles à une ou deux classes est appelé à diminuer au profit de regroupements pédagogiques concentrés. » Concentrés en un seul établissement, et non dispersés dans différentes communes comme c’est le cas dans de nombreux RPI. Les statistiques donnent une image plus précise de cette tendance à la fermeture des petites écoles : de 11 400 classes uniques en 1980, on est passés à 3 225 en 2014. Aujourd’hui, seules 13% des écoles comptent deux classes et 9 % une classe unique, à plusieurs niveaux. De façon plus générale, le nombre d’écoles publiques ne cesse de baisser. Alors qu’elles étaient 50 500 en 2005, elles sont aujourd’hui 46 000.

Source : Qui veut la peau des petites écoles et de leurs pédagogies innovantes ? – Basta !