La même histoire se répète indéfiniment partout en France et pas seulement dans les navettes domicile-travail entre les zones rurales sans ambitions en termes d’emplois qualifiés et les métropoles étranglées par un foncier toujours plus spéculatif, hors de portée des ménages de travailleurs de la petite classe moyenne.

Comme la SNCF engloutit l’essentiel de ses moyens dans l’accélération continue des trajets TGV des 10 % les plus aisés de la population, elle ne peut que réduire la voilure pour ce qui est des places, des fréquences et la qualité du matériel pour tout le reste de la population qui voit donc le prix du billet augmenter pendant que le service rendu régresse.

En province comme en banlieue, ce sont des millions d’usagers contraints et quotidiens qui voient leurs conditions de transport se dégrader pendant que la politique commerciale et financière de la SNCF continue de choyer la toute petite minorité dans l’objectif fou de faire concurrence à l’avion.

Interrogée sur le changement des arrêts sur la ligne Auch-Toulouse, la SNCF assure que cette modification a une cause temporaire, «depuis le 13 décembre 2015 et jusqu’au 3 juillet 2016» et du lundi au vendredi seulement : des lignes régionales sont en travaux, ce qui conduit à modifier les horaires d’autres trains, avec des répercussions sur la ligne Auch-Toulouse. La SNCF évoque également des raisons plus commerciales, de «nouvelles mesures d’exploitation de certains types de matériels qui entraînent des contraintes techniques» gare Matabiau, «ne permettant plus, dans l’horaire concerné, de recevoir l’ensemble» du trafic. Ces fameuses «mesures d’exploitation» sont également avancées pour expliquer le faible nombre de rames mises à disposition des voyageurs. Et là, aucune date ni solution ne sont avancées.

Source : Train : des usagers gersois font la grève du billet – 14/03/2016 – ladepeche.fr