Transport à la demande en zone rurale

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Permettre aux assignés à résidence par la disparition des réseaux de transports publics de pouvoir se déplacer est une bonne chose. La mobilité — ou plutôt son absence en dehors du tout-voiture — est l’un des problèmes les plus importants en zone rurale (même si les villes ne sont pas épargnées!). Mais si le transport à la demande est mieux que rien, ce n’est pas encore suffisant.

Par exemple, pourquoi en restreindre l’accès par la conditionnalité? On peut comprendre que les gens privés d’autres options de déplacement puissent être prioritaires tant que l’offre de transports en commun est aussi limitée, mais en refusant l’alternative aux motorisés malgré eux, on en réduit la portée et surtout, on en limite totalement l’évolution dans le sens souhaitable à moyen terme : la réduction drastique du transport motorisé individuel.

Car il ne faut pas se tromper, la simple équation énergétique fait que le tout-voiture n’a absolument aucun avenir.

De même, sachant que l’essentiel des trajets concerne des distances de moins de 7 kilomètres, la priorité devrait être de rendre plus de chaussées et d’équipements accessibles aux déplacements autogènes, c’est à dire qui ne dépendent que de la puissance musculaire des usagers.

Des accotements sécurisés permettraient le début du retour de la marche dans les déplacements de proximité (nous ne parlons même pas de récupérer les chemins ruraux!). Faute d’aménagements (on parle là de trottoirs, pas de choses incroyables!) dans les zones résidentielles ou commerciales, beaucoup de déplacements porte-à-porte de parfois moins d’un kilomètre se font en voiture. La plupart des enfants ne se déplacent absolument jamais par eux-mêmes quand bien même l’école est accessible par leurs propres moyens en moins de 15 minutes.
Cette absence de possibilité de se déplacer à pied en toute sécurité est non seulement une limitation intolérable de la liberté de tous à se déplacer par ses propres moyens, mais c’est aussi un gigantesque problème de santé publique.

Même pour des personnes âgées, mais encore relativement autonomes, des chaussées et des voies adaptées au vélo seraient un immense progrès en termes de mobilité en zone rurale. La plupart des bourgs de centre canton sont dans un rayon acceptable de 15 à 20 minutes de trajet à vélo pour tous les habitants du canton qui doivent y trouver les derniers services publics ruraux.
Les zones collinaires ne sont pas un obstacle insurmontable aux déplacements par vélo, puisqu’une légère subvention permettrait assez facilement d’accéder à des assistances électriques pour passer les pentes les plus accentuées. Sans compter que l’abandon des voies ferrées ouvre en théorie l’accès à un réseau encore très dense de voies de circulation qui ont été délibérément aplanies. Les couts de conversion des voies ferrées en zones de circulations douces étendues sont pratiquement toujours supportables quand il s’agit d’aménagement à destination du tourisme et du loisir. Pourquoi ne le seraient-ils pas dans l’optique de libérer une grande partie des trajets de la dictature couteuse (en argent et en vies humaines) et polluante (santé publique) de la voiture?

Ce service répond au problème de l’isolement en zone rurale et au besoin avéré d’un service public minimum de transport.Toute personne se situant dans la tranche d’âge 60 ans et plus, sans véhicule, résidant sur le périmètre d’intervention du transport à la demande, peut bénéficier du service à la condition d’être en situation d’isolement avéré. Également, toute personne, sans condition d’âge, se trouvant en incapacité permanente de conduire, toute personne handicapée, accompagnée d’un parent-tuteur dont le véhicule n’est pas adapté, peut utiliser le service. Il est aussi valable pour les demandeurs d’emploi, pour rejoindre le réseau TER le plus proche, afin de se rendre aux rendez-vous pôle emploi, par exemple.

Source : Transport à la demande : un service qui se développe – 14/04/2016 – ladepeche.fr

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