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Enfin une approche pragmatique de la désertification médicale en milieu rural qui commence — il était temps! — par demander leur avis aux principaux intéressés, à savoir les jeunes médecins.

Comme nous l’avons déjà longuement décrit ici, les principaux obstacles sont sociologiques et économiques. Le fait que l’on prenne enfin en compte la question des familles, de leurs débouchés économiques et de leurs besoins en services publics n’est cependant pas encore la garantie que l’on va répondre concrètement à leurs problématiques. Parce que le réaliser pour les jeunes médecins reviendra à le faire pour l’ensemble de la population rurale qui souffre des mêmes problèmes et qui voit chaque jour ses jeunes les plus compétents s’exiler dans les centres urbains dans l’espoir d’y voir leurs talents utilisés et rémunérés à leur juste valeur…

On en a parlé avec eux. Ils demandent des conditions minimales. Pour qu’ils s’installent en zone rurale, il faut qu’il y ait une maison de santé. Ils souhaitent aussi pouvoir suivre leurs patients dans un hôpital de proximité. Cette question est liée à la politique ambulatoire. Le coût d’hospitalisation de ces patients est très élevé dans les gros hôpitaux. Pour maîtriser les coûts, il est donc primordial de maintenir les services de médecine, soins de suite et rééducation dans les hôpitaux de proximité. Ces jeunes nous disent aussi qu’ils n’ont pas l’intention d’arriver seul. S’ils s’installent chez nous, ils viendront à deux ou trois. Il est important que la ruralité puisse répondre à toutes les problématiques pour ces jeunes médecins. Beaucoup se demandent si leur conjoint(e) trouvera un emploi, s’ils pourront construire une famille de famille, avoir accès à des services publics de qualité.

Source : Offre de soins en milieu rural : «Le signal d’alarme» – 19/04/2016 – ladepeche.fr