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On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre!
Comme nous le rabâchons sans cesse, le projet de l’Éducation Nationale est bien de détricoter l’école républicaine libre et gratuite, particulièrement dans les territoires jugés comme négligeables, comme les banlieues défavorisées ou les zones rurales. Il s’agit, dans un objectif purement comptable de renforcer à cout constant les moyens dans les centres-villes des métropoles où se concentrent aujourd’hui les activités à forte valeur ajoutée. Autrement dit, il s’agit de déshabiller Kévin pour habiller Charles-Henry.

Comme cela ne peut pas réellement se faire ouvertement, on rogne patiemment les effectifs, les postes, les classes, les établissements dans les zones déjà peu pourvues, avec mise en place d’un effet cliquet qui fait que les moyens sont toujours à la baisse, même si un retournement démographique remplume ensuite les effectifs : une fois la classe ou l’école fermée, elle le reste définitivement.

Les élèves s’entassent donc dans des écoles où ils sont de plus en plus nombreux sans que l’on puisse repousser les murs, et cela, de plus en plus loin de leur domicile : tant pis pour ceux qui seront en bout de circuit de ramassage scolaire et qui étireront leur semaine scolaire dans le bus.

Ceux qui en auront les moyens pourront toujours se rabattre sur les écoles privées…

C’est ainsi qu’à la rentrée prochaine, les départements de la Corrèze, des Pyrénées-Atlantiques, de la Creuse, du Cantal, des Hautes-Pyrénées, du Gers… ne perdront pas d’enseignants alors qu’ils accueilleront moins d’élèves (près de 300 élèves prévus en moins en Corrèze, 250 dans les Pyrénées-Atlantiques, 200 dans la Creuse…). Et d’autres départements, comme le Lot et l’Ariège, en perdront moins que ne l’aurait voulu la logique comptable.
Mais ces trois ans de répit ont une contrepartie : « Les élus locaux doivent accepter d’engager une démarche de travail avec l’éducation nationale et entre eux, ayant pour objectif l’amélioration de l’offre scolaire sur les territoires ». Jusque-là, rien de bien méchant : « l’amélioration de l’offre scolaire sur les territoires », tout le monde la souhaite. Et pourquoi pas en implantant des dispositifs « scolarisation des moins de trois ans » et « plus de maîtres que de classes », et naturellement en développant le numérique éducatif en équipant les écoles pour l’accès au haut débit.

Fermeture des petites écoles

Là où des voix s’élèvent – par exemple celle de l’Association des maires ruraux de France (3) – c’est quand le rapport Duran précise qu’il s’agit aussi d’un « travail de réorganisation du réseau scolaire » qui consiste à « identifier les zones de fragilité à traiter en priorité ». Dès lors, « l’amélioration de l’offre scolaire sur les territoires » se traduit « notamment » (mais nombreux sont ceux qui entendent « surtout ») par « la diminution des écoles à classe unique » et de celles « à moins de trois ou quatre classes lorsque cela est pertinent » et par « une évolution des RPI [regroupements pédagogiques intercommunaux] dispersés vers des RPI concentrés ». Très concrètement : des fermetures d’école… mais uniquement « lorsque cela est pertinent » et par la voie contractuelle.

Source : Des conventions pour « construire une école rurale attractive » ? Comment pourrait-on y résister ?