Avec la demande croissante en produits agricoles et le besoin de protéger l’environnement, les autorités subissent une pression pour trouver des moyens innovants pour « produire plus avec moins ». En outre, la volatilité des prix sur les marchés agroalimentaires a souligné l’importance d’une amélioration de la compétitivité européenne à l’échelle mondiale pour que le secteur survive.

Source : La PAC doit encourager l’agriculture intelligente – EurActiv.fr

Pourquoi vouloir produire plus? Beaucoup de filières sont en état de surproduction chronique, ce qui menace le revenu primaire des agriculteurs. Sans compter que tout effort de production supplémentaire est aujourd’hui extrêmement couteux et pratiquement sans aucune chance de retour sur investissement (sauf pour ceux qui vendent à prix d’or leurs technologies aux agriculteurs!).

Il serait beaucoup plus rationnel  et bien moins couteux de s’attaquer au problème du gaspillage alimentaire global. Tous les discours productivistes oublient toujours un peu rapidement que la moitié de la production agricole est jetée sans être consommée.

Pour Benoît Hartmann, un des premiers problèmes est celui des retraits agricoles. « Dès que l’offre risque de dépasser la demande, l’agriculteur qui produit 1 000 tonnes d’un aliment n’en met que 500 sur le marché pour éviter la chute des cours. Le reste est jeté, même si aujourd’hui il y a un léger progrès avec la possibilité d’en récupérer une partie pour le mettre dans le circuit de l’aide alimentaire. On voit bien là toutes les limites du système institué par la PAC. S’il fonctionnait correctement, on devrait pouvoir anticiper sur la production tout en assurant un bon revenu aux producteurs. »

D’autres déperditions ont lieu dans le transport et le stockage. Vient ensuite la mévente, en particulier pour les produits frais. Et puis il y a tout ce qui passe dans l’assiette sans être consommé. Dans la restauration collective (cantine, restaurants d’entreprises, etc.), on jette chaque jour des milliers de repas. À la maison, on l’a vu, on n’est guère plus attentif.

Source : La moitié de la production agricole finit à la poubelle.

Ainsi, la moitié de la production agricole, qui a pourtant nécessité les mêmes investissements, le même travail et les mêmes couts de production ne répondra jamais à la fameuse demande croissante… et ne sera donc jamais qu’une perte sèche pour le producteur, pour l’environnement, la ressource en eau, mais aussi pour l’ensemble de la communauté.

Il serait peut-être temps d’entrer dans le futur et de cesser de produire à n’importe quel cout juste pour jeter ensuite… Voilà qui serait réellement une agriculture intelligente!