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Pour l’agronome François Léger, l’agro-écologie « est un retour à la raison plutôt qu’un retour au passé ». Le modèle actuel, qui a d’abord été d’une « incroyable efficacité » se heurte aujourd’hui à la « fatigue progressive de nos sols ». « Les exploitations céréalières les plus performantes ont atteint leur maximum d’efficacité dès la fin des années 1980. Le club des 100 quintaux a réalisé ses objectifs en 1983… », a-t-il illustré. Le décalage permanent entre les coûts de production et les prix, résolue par l’agrandissement des fermes, a conduit à une concentration des exploitations, une destruction d’emplois – « l’agriculture emploie moins de 850.000 personnes dont 200.000 salariés » -, avec pour conséquence, « une rupture du lien au citoyen, au consommateur ». « Depuis cinquante ans, on veut nous persuader que l’alimentation ne vaut rien. Quand on paie le porc 1,40 euro le kilo à un producteur, on a détruit tout sens derrière ce produit », a-t-il pointé, relevant le paradoxe : « Il y a plus de gens dans le monde qui souffrent de surpoids pathologique que de gens qui souffrent de la faim… mais nous n’avons absolument pas réduit à l’échelle planétaire le nombre de gens qui souffrent de la faim. » Selon lui, « la société a perdu sa direction, son sens, ses valeurs ».

Source : L’agro-écologie, c’est possible grâce aux territoires