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Incohérences, absence de mesures harmonisées entre départements, les membres de l’association Canards en Colère sont excédés de la gestion de la crise par les services de l’Etat, qui semblent dépassés. On signale ici des canards d’un même lot abattus dans un département mais pas dans l’autre, des transports qui continuent alors qu’ils sont interdits dans les Landes et le Gers…

Les producteurs critiquent également les  géants de la filière, les grands groupes coopératifs du Sud-Ouest, propriétaires des principales marques de foie gras (Euralis, Maïsadour, Vivadour) ou encore les groupements qui fournissent les marques de la grande distribution, pour lesquels ils travaillent à 90%.

« Pendant que vous, vous ne travaillez pas, eux ils stockent la merde bulgare ! » lance Lionel Candelon, le fondateur des Canards en Colère. A 30 ans, ce fils et neveu d’éleveurs de canards et producteurs du foie gras du Gers a décidé de mener le combat, un combat apolitique et en dehors des syndicats agricoles selon ses termes. Avec les Canards en Colère, il souhaite désormais mener des actions pour attirer l’attention des consommateurs, notamment sur l’importation de magrets qui serait actuellement pratiquée, en provenance de pays de l’Europe de l’Est comme la Bulgarie, également touchés par la grippe aviaire.

« Le magret bulgare avant la crise de 2016, il était à 10 euros le kilo et il est progressivement passé à 14, 16 et maintenant près de 18 euros le kilo. Les coopératives comme Euralis ont monté des structures de production là-bas, ou encore en Hongrie, en Roumanie et même en Chine… La crainte pour nous aujourd’hui, c’est que ce deuxième épisode de grippe aviaire aboutisse à la destruction de la filière du Sud-Ouest, à la fois traditionnelle et industrielle, et que ce soit l’occasion d’en faire soit une très grosse filière industrielle ici, soit carrément de la délocaliser sur les pays de l’Est ».

Source : En direct de Nogaro, avec Les Canards en Colère, par Céline Belondrade – Décider et Entreprendre