La crise agricole est d’abord et surtout une crise du sol

Champs fleuri avec tracteur chargé de produits phytosanitaires

Année après année, la crise agricole s’intensifie : des rendements au plus bas dans la moitié Nord de la France suite à la pluviométrie tropicale du mois de mai puis la sécheresse consécutive de l’été 2016. Pourtant, le changement climatique n’est pas le seul responsable de ces désastres agricoles. En réalité, il ne vient qu’aggraver la perte de résilience de nos systèmes agronomiques, conséquence de 50 ans d’un modèle en perte de vitesse. C’est notre agriculture qui est à bout de souffle, une agriculture qui se plante ?!

Des labours de plus en plus profonds, la disparition de l’élevage dans les rotations et la maigreur des restitutions de biomasse (variétés naines, intercultures nues, exportation ou enfouissement des pailles) finissent par appauvrir le capital de fertilité des sols que nous avions hérité des humus forestiers et des prairies. L’érosion, la destruction de la biodiversité, la perte de la matière organique, la compaction des terres… détruisent inexorablement le potentiel productif de nos sols.

Pourquoi avons-nous tant perdu là où les sols de la forêt, sans aucun apport extérieur, continueront à jamais de produire des plantes en bonne santé, sans laisser fuir les nitrates vers la mer et en restant humides, même en été ? Pourquoi les plantes et les arbres poussent-ils partout où il y a de l’eau ? Pourquoi rien ne pousse-t-il dans nos champs ? Parce que la nature est une formidable machine biologique — champignons, bactéries, insectes, protozoaires et autres microorganismes encore souvent inconnus —, qui, pour se maintenir, a besoin du gîte et du couvert. Comme les humains, le sol vivant a besoin de se nourrir et d’une maison en bon état.

Source : La crise agricole est d’abord et surtout une crise du sol

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