Qu’a-t-il bien pu se passer ? Pour ces entomologistes, le principal suspect est une famille d’insecticides agricoles très puissants : les néonicotinoïdes. Utilisés directement sur les semences sur des millions d’hectares depuis les années 1990, ils sont aussi suspectés d’être responsables de la diminution alarmante des populations d’abeilles.

Deux nouvelles études, l’une britannique, l’autre canadienne, publiées fin juin et détaillées dans la revue Science, ont fini de lever les derniers doutes qui subsistaient sur les dégâts provoqués par les néonicotinoïdes. Elles montrent que les abeilles domestiques ont une survie réduite, une fertilité diminuée et une plus forte mortalité hivernale quand elles sont exposées en conditions réelles à deux néonicotinoïdes (le thiaméthoxame et la clothianidine). Chez les butineuses sauvages, les effets sont encore pires.

Pour Dave Goulson, « il est devenu intenable de continuer à affirmer que l’utilisation agricole des néonicotinoïdes n’endommage pas les abeilles sauvages et domestiques ». Et il ne s’agirait que d’une toute petite part du problème, vu la diminution vertigineuse des populations d’insectes observée par la Krefeld Entomological Society.

Source : Pourquoi de moins en moins d’insectes s’écrasent sur les pare‑brise ? – Edition du soir Ouest France – 01/09/2017

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