Grappe de cépage Isabelle

Il ne s’agit pas là de nouvelles gasconnes proprement dites, mais ces cépages ont été florissants en Gascogne il y a une petite centaine d’années. Le problème, c’est que leur résistance et leur croissance permettaient à pratiquement tout le monde de produire son vin de table, ce qui n’était pas du gout des grands propriétaires viticoles. Accusés (à tort, on le sait maintenant) d’être toxiques, six cépages hybrides américains furent interdits et une grande campagne d’arrachage les décima de 1935 à 1945.

L’un d’entre eux, le noah, faisait pourtant le bonheur des campagnes gasconnes et l’œil attentif en retrouvera des pieds sauvages dans les vieilles haies et les bosquets oubliés. En effet, pendant la campagne d’arrachage, beaucoup de paysans se sont contentés de jeter les pieds en bordure de champs où ces plantes particulièrement vivaces et résistantes ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Quiconque a eu la chance de déguster des vins issus des cépages interdits a toujours été très étonné par l’ouverture gustative qu’ils proposent à la palette de vinification habituelle : jasmin, framboise, gazon. Des parfums puissants qui étaient mis à profit dans les pieds cultivés à la porte des maisons, juste pour l’ambiance…

Ils s’appellent clinton, concord ou encore herbemont… Ces cépages arrivés d’Amérique au XIXe siècle sont toujours cultivés en France. Pourtant, la législation interdit leur commercialisation, donc celle du vin. Dans les Cévennes, une association milite pour la réhabilitation de ces vignes « non autorisées », riches de multiples qualités dont la résistance aux maladies.

Source : Des paysans cévenols font renaître des vins issus des cépages « interdits »