Bidons de Roundup

Les représentants de la FNSEA n’ont cessé de communiquer ces dernières semaines sur la non-dangerosité du glyphosate, s’appuyant entre autres sur l’avis de l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation [7]. Pourtant, le syndicaliste Serge Le Quéau constate que nombre de paysans adhérents de Triskalia « ont parfaitement conscience que c’est une hécatombe ». « J’ai déjà entendu certains d’entre eux dire qu’il ne faut plus participer aux épandages. D’ailleurs ils sous-traitent l’épandage des pesticides à des entreprises spécialisées qui font faire le sale boulot à des intérimaires… » En parallèle, souligne le syndicaliste, « les représentants de la FNSEA font tout pour que la Mutualité sociale agricole ne reconnaisse pas les maladies qu’ont contractés les salariés. Ce serait ouvrir la boite de Pandore », note Serge Le Quéau.

- Lire à ce sujet : Intoxication aux pesticides : l’interminable combat des ex-salariés d’un géant français de l’agroalimentaire

En juin 2013, la Commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture se prononce en faveur de la création d’un tableau de reconnaissance faisant le lien entre exposition aux pesticides et hémopathies (maladies du sang). Seule la FNSEA vote contre ! Expliquant sa position, le syndicat indique que cette opposition ne signifie pas une non-reconnaissance du lien entre pesticides et hémopathies, mais la volonté de ne pas faire porter les indemnisations aux seuls cotisants. L’objectif serait d’impliquer l’État et les fabricants de produits dans ce processus d’indemnisation… [8]

« Ils n’ont pas intérêt à inscrire ces pathologies car il y a de moins en moins de cotisants à la MSA », note Valérie Murat, fille d’un viticulteur mort d’un cancer en 2012, qui a enclenché des procédures judiciaires. Elle déplore pour sa part le « bourrage de crâne » distillé par l’industrie chimique « qui fait croire que les pesticides sont une assurance récolte pour les paysans. J’ai vu mon père s’avouer après quarante ans d’utilisation qu’il s’était fait avoir. Mais le reconnaître auprès de ses proches, de ses collègues, c’est extrêmement difficile. »

Source : Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ? – Basta !