Jean-Pierre Pujol lors du discours du 8 mai 2007

Bien qu’étant parfois critiques de son action, nous ne pouvons que saluer l’homme public qui incarnait un idéal politique à l’ancienne, celui de l’honnête homme, droit dans ses bottes et fidèle à ses aspirations humanistes. Il est difficile de survivre dans le marigot politique, même à l’échelle locale, sans y perdre quelques plumes, mais celle de Jean-Pierre Pujol avait le talent de rendre les discours traditionnels non seulement supportables, mais carrément mémorables.

Décédé cette nuit à l’hôpital de Mont-de-Marsan après ce qu’il faudrait cesser d’appeler une longue maladie, Jean-Pierre Pujol a marqué la politique gersoise. Nous partageons la douleur de sa famille et lui rendons un discret hommage en partageant l’un de ses anciens discours.

Alors que plus de 60 ans se sont écoulés, on peut se demander si les commémorations du 8 mai revêtent encore une quelconque signification pour les jeunes générations et si, à force d’être rabâché, le devoir de mémoire n’a pas été vidé de son sens dans sa répétition monotone.Cette interrogation légitime était au cœur du discours toujours très attendu de Jean-Pierre Pujol, le maire de Nogaro. Mais il répond à cette question en insistant sur l’aspect pédagogique toujours renouvelé de l’Histoire. Il rappelle que la Seconde Guerre mondiale, au-delà de la guerre de territoire de l’Allemagne nazie qui voulait étendre son espace vital, était aussi et surtout une vaste entreprise industrielle planifiée de destruction d’un peuple qui s’est appuyée sur la théorisation des sous-hommes que l’on doit exterminer : « cette tragédie tient à la volonté de certains et à l’indifférence du plus grand nombre ».

Source : Un pont entre les générations – La petite Gascogne