Produits de l'agriculture biologique

Pour comprendre cette situation, il faut se pencher sur le fonctionnement des aides à l’agriculture bio. C’est le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) lié à la politique agricole commune qui verse l’aide à la conversion durant les cinq premières années, puis l’aide au maintien pour cinq années supplémentaires. Ces aides du Feader sont conditionnées à un cofinancement par des aides nationales à hauteur de 25 %. Jusqu’ici, ce cofinancement national était majoritairement versé par l’Etat. En annonçant son désengagement des aides au maintien, l’Etat reporte de fait ce co-financement sur les régions.

Cela inquiète les agriculteurs bio, car les régions, qui disposent de budgets de plus en plus restreints, risquent de ne pas financer non plus les aides à la conversion. En effet, fin 2016, cinq régions avaient déjà consommé la totalité de l’enveloppe qu’ils avaient prévue pour la bio sur les six années de la programmation (2014-2020). Quatre autres l’ont consommée à plus de 80 % [2]. « Dans les régions où le dialogue est en place avec la profession agricole bio, des premières mesures et arbitrages politiques ont été pris pour limiter les dégâts et prioriser la bio dans l’allocation des fonds européens. C’est le cas notamment en Nouvelle-Aquitaine et en région Centre », illustre la Fnab.

Pourtant, en dépit de cette priorisation, les montants ne suffiront pas. Selon les calculs de la Fnab, « il manque 418 millions pour financer les aides publiques promises aux producteurs bio sur trois années, soit 140 millions d’euros par an, une goutte d’eau sur les 7,7 milliards d’euros des fonds de la politique agricole commune (PAC) ». Or, sans cofinancement national, il n’y a plus de cofinancement européen. Les aides disparaissent.

Source : Les aides aux agriculteurs bio vont-elles être progressivement supprimées ?